Prix Nougaro

Vote Ò MON PAÍS

La catégorie « Ò MON PAÍS » a été imaginée afin de rendre hommage à Claude Nougaro, à qui cette 15e édition est dédiée.
Pour cette catégorie spéciale, un thème a ainsi été imposé aux participants : créer “une ode à la Claude”.

Les candidats pouvaient proposer une ode à un quartier, un village, une ville, un département ou tout simplement à la Région Occitanie, selon l’expression artistique choisie parmi les autres catégories du concours.

Les œuvres que vous pourrez découvrir ci-dessous ont été pré-sélectionnées par un jury de professionnels.
L’oeuvre qui recueillera le plus de votes lors de cette seconde phase dite "vote du public" sera désignée lauréate pour cette 15e édition.

Les oeuvres

Œuvre 1 - Pastel
Œuvres 2 - L’épargne des lampadaires

L’ÉPARGNE DES LAMPADAIRES

Résumé : La narratrice à peine nommée, Béatrice, nous offre avec toute la générositédont elle dispose un minuscule tour d’horizon de Toulouse de nuit, en centre-ville.

Là, au-travers d’un prisme dénué de toute empathie vis-à-vis de ses contemporains mais avecune infinie passion pour le côté dépravé de sa ville, qu’elle trouve si romanesque, elle
nous emmène une heure sur les quais de la Daurade où quelques unes de ses
connaissances attestent de son peu de délicatesse.

Il est déjà presque trois heures du matin ; elle rentre en métro et ne perd pas une seconde pour nous en louer ses mille
merveilles. La ville qu’elle décrit n’est pourtant pas si attirante, et pourtant elle reste
profondément persuadée que même dans ses pires recoins, Toulouse reste un merveilleux endroit ; sans doute le meilleur.

Les façades vibrent doucement, doucement, à l’image d’une membrane, à l’intérieur de laquelle se meut sans bruit l’âme de la ville.
À cet instant-même, je suis assise derrière le Capitole, et je m’adonne au loisir de la réflexion profonde, sans personne pour me sortir de mes pensées. Il est deux heures du matin et les alentours sont calmes, à peine dérangés par deux ou trois crackheads qui profitent de la belle nuit claire pour fouiller les poubelles, y cherchant sans doute bouteilles vides et sacs en plastique pour sniffer leur colle.

Voilà ce que j’aime dans Toulouse, surtout à propos de son centre-ville : la journée, toute la ville est en proie à une terrible agitation, avec ses travailleurs pressés qui marchent droit au but, les yeux fixés sur leurs
chaussures, ses clients dévergondés qui procèdent avec délectation au lèche-vitrine le plus effronté, leurs poches de magasin frappant contre leurs hanches, pleines à craquer de promesses dérisoires, ses mères de famille qui tirent leur progéniture derrière eux avec une poigne qui n’a rien à envier aux meilleurs joueurs de tennis… et puis la nuit, il n’y a
plus un chat des kilomètres à la ronde, à part les clochards et les jeunes gens ivres qui rentrent de leur soirée du lundi, mercredi ou jeudi soir.

Les alentours sont délicieusement silencieux, et quelquefois tu te fais surprendre par un éclat de voix vif qui franchit d’un
bond les quelques centaines de mètres de la place pour atterrir tout droit dans ton oreille
attentive et ensommeillée.

Je suis bien la seule rêveuse solitaire attentive, néanmoins bien réveillée, de tout le quartier. Ça, j’en suis persuadée. Les braves citoyens préfèrent divaguer bien en sécurité dans leurs appartements personnels. Il leur est passé le goût du grand air, avec toutes ces histoires d’agressions et de tabassages en règle. Il m’en faut plus pour m’effrayer, à moi.
Je profite de l’air large et paisible de cette nuit d’octobre, et je fais mes comptes. Je m’occupe de mes petites affaires sans déranger personne.

Tranquillement, alors que la nuit s’étire encore et encore par-dessus ma tête immobile, je ressasse des souvenirs. Là-haut, guère d’étoiles, effrayées par les grandes lumières de la ville. Qui sait, peut-être me sentirais-je d’humeur joueuse et déciderais-je d’apporter ma pierre à l’édifice, et que je défoncerais un lampadaire à coup de pierre en rentrant. Un petit
pas pour l’Homme, un grand pas pour l’humanité. Un jour, peut-être, nous verrons les étoiles à Toulouse, à ce rythme-là.

Revigorée par cette séance de remémoration, je me mets en marche, cigarette au bec.
Ma prochaine destination : les bords de Garonne.

Les rues sont vides et tièdes ; même les zonards sont timides, ce soir. La saison ne se prête pas à si douce météo : un mercredi soir de début d’automne, alors que la nature et les esprits s’apprêtent à entamer leur décélération hivernale, les arbres schizophrènes qui se mettent à rendre leurs feuilles à la terre, toutes ces conneries.

Toulouse est particulièrement ramolli, ce soir, mais je connais un coin qui, lui, qu’importe la température, qu’il pleuve ou qu’il neige, pour peu qu’il n’y ai pas les flics, est toujours en proie à l’agitation : la place de la Daurade, que vous pouvez adroitement raccourcir en un efficace et cinglant "la Dau" si la descente de vos quatre précédentes flasques de Rhum de cuisine a appauvri votre capacité à former les consonnes.

N’ayez pas honte, c’est le cas d’énormément de personnes qui s’y trouvent chaque soir. Entre les jeunes soiffards dévergondés proches du coma éthylique et les vieux SDF qui ont avalé leur gencive il y a bien longtemps, lors d’un hiver mémorablement froid où ils s’injectaient le Whisky directement dans les veines, vous n’êtes pas les seuls avec des problèmes de locution visibles.

Ainsi donc, vaillamment, je m’y dirige. J’ai peut-être un peu trop venté les températures ; le bout de mes doigts proteste. Heureusement, il n’y a pas plus court itinéraire que celui qui relie la place du Capitole à la Daurade en une soirée aussi calme.

Je ne presse pas le pas - et puis quoi, encore ? Le caillou dans ma main caresse l’idée d’aller se fracasser dans un lampadaire. Non, pas ce soir. Pas ces cinq prochains soirs.
Après cela, j’aurai tout le loisir de défoncer du lampion.

À peine ai-je le temps de souffler qu’elle est là : la Dau, la belle, la véritable. Le repère précieux de la jeunesse désabusée de Toulouse. Ici se côtoient sans aucune honte les lycéens en décrochage scolaire, les étudiants aux portes d’un geste suicidaire excusable, les punks à chiens décidés à refourguer pour dix balles leur unique cacheton d’Ecsta restant d’une nuit à la Prairie des Filtres, sur l’autre rive, et tous les derniers roublards, échappés d’asile ou de prison, romantiques désespérés ou désespérés tout court.

Ce qu’il fait bon de se promener sur les bords de Garonne, entre les relents de pisse tiède, de vomi à moitié digéré et de merde de chien humide ! Je m’y sens comme chez moi : les pieds dans les fanges. Déjà, au loin, je vois des têtes familières qui me font des signes. Ce soir, Danny le Magnifique nous fait honneur de sa présence, à ma plus grande satisfaction.

Daniel Courtensur, plus communément appelé Danny, est sans nul doute le garçon le plus stupide à ma connaissance. Il est le meilleur dans le domaine de la couillonnerie ; il rafle depuis l’âge de trois ans toutes les médailles de ce sport. Il a tout d’un véritable crétin, dur comme fer ; après tout, ce n’est pas un don à la portée de tout le monde.

Sans aucun effort, il offre à toute heure une démonstration de bêtise gracieuse, presque aérienne, qui me fascine. Son visage est la preuve première de sa lenteur et son quasi-illettrisme souligne à l’oral toute la profondeur abyssale de son retard. Oui, j’ai beaucoup de respect pour Danny.

Je l’ai rencontré ici-même, il y a un peu plus de quatre ans. Ce premier soir, il accepta le pari de boire d’un coup ce que les Américains appellent un fifth de Vodka. Post-réussite de son exploit, il tomba raide et deux braves garçons durent le porter jusqu’à la sortie du parc pour accéder à l’ambulance. Dès le premier instant, Danny a fait ses preuves. Et depuis, jamais une seule seconde il ne m’a déçu. Danny est une légende. Il s’approche.

  • Béa, dit-il sobrement.

Il a le chic, Danny. Les monosyllabes, ça le connaît. Ce que j’aime le plus chez lui, c’est que la plupart du temps, il la ferme. Il y a là deux suppositions à ce fait : une, il a conscience que ses capacités intellectuelles très limitées le feront invariablement dire des stupidités, ou deux, il n’existe pas de fil conducteur assez fort à ses pensées pour qu’il réussisse à les verbaliser. Je ne sais pas vous, mais moi je penche pour la seconde possibilité.

  • Danny, mon vieux, je réponds en claquant mon poing contre le sien, comment ça va ?

Sobre hochement de tête. Je l’observe un instant. Comme toujours, il est vêtu du même bomber noir trop large (et pourtant, lui-même ne joue pas dans la catégorie poids plume), du même tee-shirt taché à l’effigie d’un groupe de metal que je ne connais pas, du même treillis usé jusqu’à la corde. Seule différence notable à d’habitude : il a abandonné ses Rangers je ne sais où et a remonté son pantalon jusqu’en-dessous de ses genoux. Je remarque que ses jambes velues sont humides ; les poils brillent à l’éclat de la lune.

C’est sa poésie à lui.

  • Bah alors, t’es allé te baigner ? demandé-je en souriant.
  • J’essaie d’attraper une vipère d’eau.

Voilà qui me laisse sans voix. Danny est bien la seule personne au monde avec ce pouvoir. Je ne suis pas certaine qu’il réussisse à attraper quoi que ce soit dans cette obscurité, et encore moins une vipère d’eau.
Épatant.

D’un autre signe de la tête, il m’invite à le suivre, sans doute pour témoigner de ses idioties. Parfois, je me demande si les cons ont autant que les personnes intelligentes ce besoin inextricable de validation. Mais Danny est un peu un génie dans son domaine ; il me considère comme son amie, il veut m’inclure dans ses pathétiques aventures.

Alors qu’il s’agenouille sur le bord de la Garonne d’une drôle de manière, une jambe repliée contre son torse, l’autre dans l’eau immonde qui court à nos pieds, je reste à distance respectable, hésitant à apporter mon point de vue éclairé sur la situation.

  • T’as pas peur de te chopper une cochonnerie ? demandé-je en me penchant vers le
    fleuve, dubitative.
  • Genre quoi ?
  • J’en sais rien. J’suis sûre qu’y a un paquet de cadavres au fond.
  • Tu crois ?

S’il avait eu vingt ans de moins, j’aurais pu méprendre sa débilité pour de la candeur. Presque mignon. Je le regarde, lui et ses sapes disgracieuses, m’interrogeant, comme souvent, sur le but ultime de son existence même. Danny a des parents aisés, presque riches, et il continue de traîner dans la rue, sans diplôme ni emploi, à vingt-quatre ans, des trous dans les poches. Il habite même chez eux, bordel !

Pourquoi continue-t-il de prétendre à la cloche ?
Quoi de bon en ressort-il ?

Néanmoins, infatigable, il s’évertue à tirer ses semelles baillantes dans les rues amicales de la ville, toute la semaine, sans
distinction d’heure ou de jour.

Il n’y a pas à dire. Je porte une fascination sans borne pour les vrais imbéciles. Alors que j’observe avec intérêt Danny maltraiter l’eau de la Garonne avec une bouteille vide, frappant avec violence des vipères d’eau imaginaires, une main se pose sur mon épaule.

Derrière moi : Carla. Impossible de me remémorer son nom de famille. Pas sûr qu’elle en mérite un, de toute manière.

  • Eh, salut. Je t’ai fais peur ?
  • Atrocement, répondé-je d’un ton égal.

Je hais Carla. À l’inverse de Danny, elle n’est pas assez bête pour briller. Elle est juste banale. Et les gens banals me filent de l’urticaire. J’ai sans cesse envie de les pendre par les chevilles et de les secouer jusqu’à ce qu’ils se trouvent une directive de vie ou vomissent leurs organes internes et meurent de complications assez évidentes, au choix. Ladite Carla rit, une main devant la bouche, certainement parce qu’elle a honte de sa dentition (alors que cela devrait être la dernière de ses préoccupations) et me demande une cigarette.

Je lui en tends une avec bonne volonté, en me disant qu’une cigarette de
plus c’est toujours sept minutes de sa vie de moins, bien que j’ai un doute sur la véracité scientifique de la chose.

  • Tu veux venir à l’épicerie de nuit avec nous ?
    Vlad a un billet de dix, on va prendre des bières.

Je déteste viscéralement sa manière de s’exprimer, manière insupportable des lecteurs de romans de gare ayant été pris de passion pour un personnage ou un autre et qui prononcent avec délice toutes les syllabes des mots, comme un dialogue mal écrit. Je trouve ça grossier et malvenu. Qui est-elle donc pour croire qu’elle a le droit de parler un français correct ? Croit-elle vraiment que la langue français la respecterait, à elle, si Carla était un dialecte ?

Carla, oh, ma chère Carla. Je souris. Contrairement à elle, je ne me fatigue pas à dissimuler mes ratiches.

  • Ça ira.

Plat sonore quelque part dans son crâne vide. Touché, coulé. Elle est décontenancée. Elle fait des heu et des ah. Va-t-elle se mettre à pleurer ? Je lui aurais volontiers donné dix euros pour la motiver ; le spectacle doit valoir le détour. Mais non. Au lieu de cela, elle agite une main d’une manière complètement incompréhensible et me dit :

  • Comme tu veux ! Tu restes jusqu’à quelle heure, ce soir ?

Comme je n’en ai aucune idée, je le lui fais savoir à grand renfort de bruitages buccaux jusqu’à la faire fuir. Je contemple son dos s’éloigner avec une immense satisfaction. Bon débarras. Lorsque je reporte mon attention sur la pêche à la bouteille de Danny, je vois qu’il me fixe avec des yeux de hareng mort.

  • Un problème ? demandé-je un peu brutalement.
  • Non, me répond-il en détournant vite le regard.

Vraiment, je me demande parfois si les autres n’ont pas été montés sans la notice.
Je prends le temps de fumer une seconde cigarette, et puis je décide de me remettre à marcher. J’en ai assez vu ; suffisamment, tout du moins, pour avoir envie de les tenir hors de mon périmètre de vision pour les trois prochaines semaines. Je quitte la Daurade sans regret, les mains dans les poches.

Rentrer maintenant est judicieux ; un peu plus et je ratais le dernier métro. Jusqu’à Saouzelong, c’est presque le bout du monde, et l’humidité a d’un coup pris d’assaut l’atmosphère nocturne et j’ai de plus en plus froid. Qui plus est, j’aime prendre le métro. Ce fut une de mes découvertes marquantes lorsque j’ai débarqué de ma campagne. Les six premiers mois suivant mon arrivée à Toulouse, chaque occasion était bonne pour un petit trajet dans les rames souterraines chaudes et rassurantes.

J’aime tout dans le métro : son ronronnement sourd et entêtant, le chant dissonant des portes automatiques, la chaleur et la lourdeur atmosphérique, qu’importe la température au grand air, et puis j’apprécie surtout, pour avoir foulé les terres parisiennes au moins une fois, le fait qu’à Toulouse, s’y repérer est d’une aisance enfantine.

Sa sécurité me réchauffe le cœur, sa courte envergure me galvanise, ses messages enregistrés d’abord en français, ensuite en catalan, me remplissent d’une joie indescriptible. Je sais d’ailleurs que je suis loin d’être la seule : le spectacle de jeunes lycéens plein de sève qui accompagnent la voix féminine sortant des haut-parleurs avec délice : estacion venenta,
Capitoli… est un spectacle qu’il faut voir au moins une fois.

Mais, me direz-vous, Béatrice, ce que tu peux être mielleuse, parfois ! et vous auriez bien raison. Pour une personne avec si peu de considération pour son prochain comme moi, la tendance que j’ai à me vautrer à chaque occasion dans un sentimentalisme aussi éhonté peut faire hausser quelques sourcils.

Ainsi donc. Le métro. J’ai préféré marcher jusqu’à Jean-Jaurès pour pouvoir profiter du trajet d’un trait, sans avoir à changer de ligne à cette heure honteuse de la nuit, et alors que je suis recrachée à l’obscurité, je me rends compte que je n’ai pas sommeil. Cela ne me surprend pas ; à part dans la maladie, je n’ai jamais été une grande dormeuse. Que pourrais-je faire, un mercredi matin, presque trois heures après les douze coups de minuit ?

Mécaniquement, je décide de rentrer, de me faire un bon thé, et d’aviser. Alors que je traverse les longues rues vides jusqu’à mon appartement, j’ai la conscience aiguë de la beauté surnaturelle de cette nuit, et j’ai presque l’impression que la lune marche dans mes pas pour m’accompagner au chaud.

La ville sommeille alors. Son charme nocturne a le don de m’envoûter, presque à m’en faire tituber d’extase, alors que je laisse derrière moi ces parasites humanoïdes se faisant passer pour mes contemporains qui, même avec la meilleure volonté du monde, ne parviennent jamais vraiment à occulter l’atmosphère idyllique de Toulouse.

Oeuvre 3 - Ce bleu que l’on aime

Il aurait pu tomber amoureux d’une belle

Et la suivre sans peine jusque sur la côte

Mais son cœur envoûté dès lors de ses cinq ans

Lorsque un matin s’éprit du bleu palombe des champs.

Ces montagnes d’horizon à qui il chantait

Ses promesses d’amour et celles de liberté

C’est ainsi qu’il vouait son âme, son sang

A la beauté du Gers, des bêtes et des chansons.

Pensant parfois à ces femmes désirées

Que d’autres ont rejoint dans le bleu marée

Il n’avait pas le vide de songer aux regrets

Car rien n’est plus fidèle que la douceur des montagnes

Et plus beau qu’un champs que le bleu accompagne.

Œuvre 4 - Montpellier

Vous dites que l’éclat de notre capitale

Ternit sans mal celui de ma ville natale,

Et, qu’en un mot, Paris peut me faire oublier

La beauté, la douceur de mon cher Montpellier ?

Eh bien, vous permettrez qu’ici je vous réponde :

Ma ville vaut pour moi plus que tout l’or du monde !

Oui ! J’aime le vieux fief des bons seigneurs Guilhem,

Dont le nom résonna près de Jérusalem ;

J’aime cette cité noble et médiévale,

Aux ruelles menant jusqu’à sa cathédrale,

Avec ses hautes tours ! c’est là que je me plais

A voir Nostradamus parler à Rabelais !

J’aime le soleil doux près du jardin des plantes,

Royaume des bambous, cactus et succulentes,

Où viennent les pigeons en faisant leur « rou-rou ».

J’aime aussi la clarté classique du Peyrou,

Le roi sur son cheval, le temple, l’herbe verte,

Et, sur tout l’horizon, la vaste vue ouverte !

Mais je n’aime pas moins les très longs boulevards,

Où marchent les passants, venus de toutes parts,

Ni la blanche fontaine où dansent les Trois Grâces,

Au milieu des chanteurs, des cafés, des terrasses,

Devant notre opéra, petit palais Garnier,

L’un des plus beaux de France, on ne peut le nier !

Et puis j’aime, au-delà du très fier Polygone

Le quartier neuf construit « à l’antique », Antigone.

Voyez, à Montpellier, l’on peut retrouver tout

L’héritage du temps, mis en ordre avec goût !

L’Eden n’est pas ailleurs ; gardez Paris ou Rome,

Je ne suis pas Adam, pour mordre dans la pomme !

Œuvre 5 - O mon Mas

Dans mon País il y a …
Il y a le natif et l’étranger . Le natif, celui dont l’arbre généalogique prend racines dans notre terre rouge , notre terre d’argile. Celui dont le nom est présent dans le village, celui qui au début ne possédait qu’un arbre et maintenant possède la forêt . Il y a l’étranger, celui qui fuit et qui a trouvé asile sur les terres de la vallée. Celui que le village entier a adopté, celui qui au fil des années s’est intégré.

Il y a notre église, notre clocher, notre Saint-Sernin à nous qui a connue presque tous les enfants du village. D’abord par le baptême quand on a un an, puis la communion à 12 ans, s’en suit le mariage à l’âge de 34 ans et le malheureux dernier voyage quand on a 93 ans …Il y a les écoliers qui à 16H quand la cloche a enfin sonné, reprennent l’avenue vers l’école. Il y a sous cette couche de mousse et de calcaire, dans les tréfonds de cette cavité, les empreintes d’hommes qui datent d’il y a des milliers d’années. Il y a cet objet, ce tout petit objet sculpté. Ce Faon. Cet oiseau.

Cette représentation si particulière de la nature retrouvé à l’entrée de ce gouffre de calcaire traversé par les eaux claires . Il y ces quelques vers gravés sous le marbre gris « en vain le souvenir meurt dans le cœur des hommes, sur le roc par ces vers je veux éterniser, malgré le temps qui fuit et le peu que nous sommes, le parfum d’une fleur et l’émoi d’un baiser ». Il y a les anciens dont on ne connait pas le nom faute de leur donner un surnom .

Comme le « Barbu » qui chez nous est certainement le plus connu. Il y a un torrent de cailloux qui roule dans notre accent . Ici aussi on se traite de con à peine que l’on se traite . Ce vieil ami le « con » qui ponctue notre dialecte. Ici aussi, si tu cognes, tu gagnes. Ici aussi, surtout le dimanche au rugby, les mémés aiment la castagne. Il y a les chasseurs cachés dans les fourrés à la recherche de la bartavelle doré que décrit Pagnol dans ses ouvrages.

Il y a les commérages, ces histoires futiles qui intéressent tout le village. Il y a les vieilles rancunes dont personne ne se souvient la cause. Il y a le café où l’on peut apprécier un Ricard frais. Il y a les joueurs de pétanque , les expérimentés et ceux qui jouent après s’être désaltéré. Il y a les traditions, la foire agricole chaque premier mai , les fêtes du village qui annoncent la fin de l’été, la fête de la figue, l’automne est arrivé.

Il y a nos Pyrénées, notre brouillard quotidien , il y a la fumée qui sort des cheminées .Il y a notre ancienne usine de meubles que l’on imagine quelquefois encore en train de fonctionner. Il y a les grandes figures, les « célébrités », Magda , Jean-Jacques Pouech , le couple Péquart et André Saint Paul, des noms qui sont trop vite oubliés. Il y a nos routes, nos lieux-dits, nos familles, mais il y a surtout des souvenirs.

Les souvenirs d’une petite fille qui apprend à faire du vélo sur le parking des pompiers, qui mouille sa robe en jouant près de la fontaine , qui ramasse des champignons avec son grand-père , qui touche pour la première fois la pierre du Dolmen, qui joue à l’archéologue pendant la visite de la grotte. Les souvenirs des salles de classe, de l’apprentissage des tables de multiplications avec Monsieur Rouch .

Des premiers cours de solfège avec Gilbert Vaysse. Ici nous n’avons pas de Nougaro pour chanter notre village , alors je reprends l’avenue vers l’école, mon cartable bourré de phrases qui te représentent

Ô mon País

Ô mon Mas d’Azil.

Œuvre 6 - Hymne aux Comtes de Toulouse

Imne als comtes Raimondins :
Ens los rais del Solelh del vèspre,
Jos la vòuta de Sant-Sernin,
Jason dins lor rauba de marbre,
Los eròis de Tolosa, Comtes Raimondins
Valents senhors, venceires de la Crosada
Totjorn la cita empararetz,
Respondretz a la sonada de Dona Tolosa,
A l’ora de la nòva Murèth
Que lo cant del trobador
A n’aquelas pèiras vida redone
Per sa fe e per son amor
E un’ultima vòlta, Tolosa salve
Tornada :
Amic que passa, ô escota :
La nòbla Tolosa por totjorn viurà
Gardians fidèls, testimònis del destin
Eròi de Tolosa, Comtes Raimondins
Ens los rais del Solelh del vèspre,
Jos la vòuta de Sant-Sernin,
Jason dins lor rauba de marbre,
Los eròis de Tolosa, Comtes Raimondins

(Traduction française)

Hymne aux Comtes Raymondins :
Dans les rayons du soleil couchant,
Sous la voûte de Saint-Sernin,
Gîsent, dans leurs robes de marbre,
Les héros de Toulouse, comtes raymondins
Vaillants seigneurs, vainqueurs des Croisades,
Toujours la cité vous protègerez,
Vous répondrez à l’appel de Dame Tholose,
À l’heure de la nouvelle Muret
Que le chant du troubadour
Redonne vie à ces pierres figées
Par sa foi et par son amour
Une dernière fois, pour Toulouse sauver

Envoi :

Ami qui passe, ô souviens-toi
La noble Toulouse pour toujours vivra
Gardiens fidèles, témoins du destin
Héros de Toulouse, Comtes Raymondins
Dans les rayons du soleil couchant,
Sous la voûte de Saint-Sernin,
Gîsent, dans leurs robes de marbre,
Les héros de Toulouse, comtes raymondins

Œuvre 7 - M O N T E C H - Office de tourisme 2022
Œuvre 8 - La petite Annie et le joueur d’harmonica

Il y avait beaucoup de monde ce matin-là, à la boulangerie au centre du village de Saint-Girons. Il était près de 11h et l’on se bousculait déjà pour ramener un pain à la maison, et pourquoi pas quelques pâtisseries pour le dessert. La jeune Annie s’affairait à emballer les gâteaux aussi rapidement que possible tout en offrant son plus beau sourire à la clientèle. Et ce n’était pas une mince affaire avec tout ce monde, et papy Jeannot, le fermier du coin, qui ne cessait de vouloir lui parler de la pluie et du beau temps. Souvent pour lui dire, comme à chaque fois qu’il venait chercher son pain et ses chocolatines, qu’elle avait bien grandi.

Ce qui était assez drôle, car elle était loin d’être grande : sa famille et ses amis l’appelaient « la Petite Annie ». Elle se vexait parfois, mais on lui rappelait très souvent que « tout ce qui est petit est mignon ».
Et oui, c’est vrai, elle était mignonne. Après avoir enfin terminé sa matinée de travail, le patron tourna la pancarte sur la porte de la boulangerie pour signifier la fermeture, et autorisa la petite Annie à choisir les gâteaux qui lui faisaient plaisir, et qu’elle pourrait ramener à la maison pour sa famille. Elle prit les deux derniers éclairs au chocolat et une petite tarte aux fraises, alla récupérer son solex que laitière lui gardait en face, et pédala le plus rapidement possible jusqu’à la maison. Elle prit soin de découper, au moment du dessert, chaque gâteau en petit morceaux pour que tout le monde puisse goûter de tout.

Ses parents et ses frères étaient toujours impatients le dimanche midi, de la voir revenir avec la fameuse boite. Elle avait pu obtenir ce travail lorsqu’elle était au lycée, et elle utilisait ce premier argent de poche pour pouvoir sortir avec ses amies boire un café, aller passer l’après-midi au cinéma, et parfois même s’acheter un peu de maquillage. La petite Annie était très coquette voyez-vous, et il lui serait totalement impossible de sortir de chez elle sans avoir le total look de Sheila.

Elle n’avait fait que remplacer la femme du boulanger ces dernières fins de semaine, car celle-ci attendait le petit troisième et son état ne lui permettait plus de se déplacer comme elle l’aurait voulu. Le mari avait donc fait appel à l’ancienne vendeuse, qui à présent était partie faire ses études à Toulouse, et elle accepta volontiers. Ses études d’infirmière en ville et sa petite chambre d’étudiante représentait un certain coût, quelques francs en plus étaient les bienvenus.

Elle prépara sa valise pour pouvoir repartir en fin d’après-midi, elle tenait à ne pas rentrer trop tard car se retrouver seule tard le soir dans une si grande ville l’effrayait un peu. Son père, ayant encore un peu de mousse à la fraise sur le coin des lèvres, rangea sa valise dans le coffre de la voiture et la conduisit jusqu’à l’arrêt de bus. Il se gara, comme à son habitude, sur le trottoir d’en face, et attendait de voir sa petite Annie monter dans le bus, avant de redémarrer la voiture et rentrer à la maison.

Elle choisit une place vers le milieu, et s’installa coté fenêtre, car c’est toujours plus agréable pour admirer le paysage sur la route du retour. Elle posa sa petite valise près d’elle sur le siège d’à coté, et ouvrit sa revue mademoiselle age tendre, avant que le bus ne redémarre. Elle fit un dernier au revoir à son papa, derrière la vitre, et il lui répondit depuis sa voiture. Au bout du troisième arrêt, cinq autres personnes montèrent à bord du bus, dont une qu’elle reconnut immédiatement. Il s’agissait d’un garçon nommé Jean qui avait fait son service avec l’un de ses frères, et qui selon ce dernier, avait un don certain pour la musique.

On l’avait même surnommé, parait-il, « le joueur d’harmonica ». Il cherchait lui aussi, la place idéale pour son trajet jusqu’à Toulouse, et son regard s’arrêta sur celui d’Annie. Il lui fit un sourire timide et vint vers elle, il l’avait reconnu. Elle enleva précipitamment ses lunettes et fit mine de continuer à lire les conseils beauté de son magazine, comme si elle ne l’avait pas du tout vu.

  • Coucou Annie, je peux m’asseoir à coté de toi ?
    Oh mon dieu, il se souvenait aussi de son prénom.
  • Oui si tu veux, lui répondit-elle de son sourire le plus avenant.
    Elle déplaça son bagage pour le mettre sous ses pieds, et le vit sortir son harmonica de la poche arrière de son jean, pour le ranger à l’intérieur du boîtier au fond de son petit sac à dos. Elle entama la discussion :
  • Tu rentres à Toulouse toi aussi ?
  • Oui, j’habite rue de la balance, et toi ?
  • Je ne suis pas très loin, je loge près de l’Université du Capitole.
    Et c’est comme cela que démarra leur véritable rencontre. Ils parlèrent, durant tout le trajet de choses et d’autres, mais il la fit rire. Il est vrai qu’il était plutôt mignon ce Jean. Assez grand, brun, et avec son petit air à la Elvis Presley, il avait un certain charme.

Le bus arriva finalement en tout début de soirée, il y avait encore un peu de circulation sur la route mais certains bars près de la place du Capitole commençaient à se remplir. Elle n’avait pas l’habitude de tout ce bouillon de vie dans son Couserans natal. Il l’aida à porter sa valise jusqu’à chez elle à pied, puis lui proposa d’aller boire un verre ou manger quelque chose, vers Esquirol peut-être, si elle en avait envie. Elle accepta avec plaisir en y posant ses conditions :

  • Tu ne me fais pas rentrer trop tard ?
    Il pouffa de rire et lui promit que non, il était un homme galant.

Ils se promenèrent le long de la Garonne et continuèrent la conversation qu’ils avaient démarré plus tôt dans le bus. Il lui parla de sa famille, assez modeste, et de ses nombreux frères et sœurs qui eux étaient assez bruyants, mais vraiment adorables au fond. Mais il se confia avant tout sur sa passion de la musique : il avait économisé pour pouvoir s’offrir son premier harmonica, en travaillant tôt le matin sur le marché Victor Hugo. Il pensait pouvoir jouer un peu, puis peut-être monter un petit groupe avec des amis du quartier, juste comme ça pour s’amuser. Mais en réalité, Jean ne s’attardait pas trop sur les détails de sa vie, et préférait écouter Annie parler de la sienne, car elle était un vrai moulin à parole. Elle se sentait bien avec lui, et pour rien au monde elle n’aurait voulu que cette soirée ne se termine.
Après une ballade des plus agréables sur le Pont neuf, il posa son manteau sur les épaules d’Annie, qui semblait avoir froid.

Elle le remercia puis s’adressa à lui :

  • Tu pourrais me jouer un petit morceau ?
  • Un morceau ?
  • Oui ton harmonica, tu sais en jouer non ? Il paraît que tu es très bon !
    Il se mit à rougir.
  • Eh bien, je sais jouer 2 ou 3 choses mais rien d’extraordinaire…
  • Oh arrête ! Je suis sûre que tu te débrouilles très bien !
    Il hésita un instant, ne s’attendant pas à ce qu’on lui demande de jouer ce soir. Pour dire tout à fait vrai, il n’avait jamais joué devant personne, à part certains soirs avec des amis, complètement saouls.

Annie attendait, et il ne voulait pas la décevoir. Elle était mignonne quand même.

  • J’ai quelques mélodies irlandaises si ça te convient !
  • C’est parfait !
    Il sortit l’harmonica de son sac, respira un bon coup, et puis finit par lui offrir la plus belle des musiques. Le coup de blues du dimanche soir après avoir quitté sa famille et ses racines, disparut soudainement pour laisser place à l’émerveillement. Elle n’avait pas passé une aussi belle soirée depuis très longtemps, et elle trouva en effet que les musiciens, c’était mieux que tout le reste. Il dut, après cela, la ramener chez elle, dans la toute petite chambre qu’elle louait rue Lascrosses.

Elle le remercia au pas de la porte :

  • On se reverra peut-être ?

Elle était en train d’insérer la clé dans la serrure toute rouillée de la porte, quand il lui proposa
finalement :

  • Et si on se voyait le week-end prochain ? Il y aura un bal à Saint-Lizier ! Je me disais que peut-être, si tu étais là, on aurait pu y aller ensemble… Enfin j’ai des amis de Rimont qui y vont , alors je me disais pourquoi pas..
  • Bien sur, lui répondit-elle sans réfléchir.
    Il parut un instant surpris, puis tout à fait heureux.
  • Tu vas réellement venir ? Demanda-t-elle.
  • Puisque je te le propose !
    Elle paraissait hésitante, alors il lui proposa :
  • Je te confie mon harmonica . Si je veux le récupérer, je serais bien obligé de venir à cette fête !
    Il sortit ainsi l’instrument et le lui mit dans la main.
  • Prends-en soin , lui dit-il, avec un clin d’œil.
  • Je t’attendrai devant la fontaine de la cathédrale à 19h !
    Ils se souhaitèrent bonne nuit et il repartit le cœur léger, laissant la jeune fille pétillante d’excitation.

Le samedi tant attendu arriva, et il faisait déjà chaud en ce beau mois de juin. Annie passa de longues heures à se préparer devant le miroir de la salle de la salle de bain, même si cela, elle ne l’admettra jamais. Sa mère finissait les derniers ourlets de la robe rouge qu’elle lui avait spécialement cousue pour l’occasion.
Après avoir appliqué son dernier trait d’eye-liner, crêper ses jolis cheveux bruns et y avoir inséré son nouveau bandeau blanc, elle se fit aider par sa mère pour enfiler la jolie robe.

  • Tu es très belle mon lapin !
  • Maman !
    Elle ne supportait pas non plus qu’on l’appelle mon lapin. Annie c’était suffisant non ?
    Le grand frère d’Annie l’attendait sur sa mobylette, devant la maison, lui aussi se rendait au bal ce soir là. Il avait promis aux parents d’y emmener sa sœur et de veiller sur elle.

Ils arrivèrent dans le village de Saint-Lizier en tout début de soirée, et durent se garer près de l’Église pour partir à pied jusqu’à la fête. L’on entendait déjà ses musiques préférées, accompagnées du bruit de la foule et des odeurs de saucisse grillée. La fête battait déjà son plein. La jeune fille prit congé de son frère et s’arrêta devant la fontaine du rendez-vous prétextant attendre des amies qui ne devraient pas tarder à arriver.

Elle croisa des connaissances du village, le voisin, des amis d’école, même le fils du boucher, qui lui fit remarquer qu’elle était très en beauté ce soir. Elle le remercia avec son air hautain et détourna le regard. Elle ne l’appréciait pas vraiment, elle le voyait aux bras d’une fille différente à chaque fois qu’elle le rencontrait. Son joueur d’harmonica avait déjà presque quinze minutes de retard.

Elle devait se rendre à l’évidence, il ne viendrait probablement pas. La petite Annie ramassa le gilet qu’elle avait posé sur le banc et allait partir seule à la fête, quand elle entendit crier au loin : « Annie ! » Elle l’aperçut un peu plus bas, enfin elle croyait l’apercevoir, elle n’était pas bien sûre, sans ses lunettes. Mais oui c’était bien lui, le joueur d’harmonica qui lui faisait coucou de loin ! Il arrivait, tout sourire, avec deux parts de millas flambées dans une assiette et la lui tendit :

  • J’espère que tu aimes ! Je suis désolé pour le retard… Je t’invites à danser ?
    Elle accepta volontiers.

Il la prit par la main et ils allèrent danser près de la buvette, ou beaucoup d’autres jeunes étaient déjà tous entassés. Jean s’essaya à quelques mouvements de twist sans grande conviction, il avait le physique d’Elvis, mais sûrement pas son talent pour la danse ! Il fit rire aux éclats la petite Annie, et ils continuèrent à danser le plus pitoyablement possible tout au long de la soirée. Tout le monde riaient, dansaient , et chantaient très fort sur les musiques de France Gall et Frank Alamo.

Et puis ce fut l’heure du slow. Jean l’invita à danser, et il était évident pour elle ce soir là qu’il seraient plus que des amis. Il l’embrassa à l’abri des regards, au moment du lancer du feu d’artifice, et lui fit la promesse de l’inviter à dîner, à son retour dans la ville rose. Cette soirée fut encore plus merveilleuse que la précédente pour ces deux là. Il se faisait déjà tard, et Annie devait se lever tôt pour aider le boulanger le lendemain matin. Avant de le quitter, elle lui rendit son harmonica, avant de lui glisser à l’oreille qu’ils se reverraient bientôtet qu’elle l’attendrait pour le prochain rendez-vous. Et elle même ne l’aurait pas prédit, une petite ariégeoise, tombant amoureuse d’un joueur d’harmonica.

Œuvre 9 - Toulouse
Œuvre 10 - Alos

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